Festival International de Mikhailovgrad (Bulgarie)

Juillet 1983 – Festival International de Mikhailovgrad (Bulgarie)

Les musiciens du Club des Mandolines de Remiremont ont effectué un beau voyage. Ils ont surtout vécu un séjour émouvant et enrichissant en Bulgarie, précisément dans la région de Mikhailovgrad. L’accueil chaleureux des personnalités et responsables qui ont oeuvré à la réussite et au confort de ce séjour, a prouvé combien était attendue cette visite. Tout le séjour fut emprunt de sensibilité, d’attention, dans le souci de plaire et la volonté de mieux se connaître réciproquement. C’est donc le samedi 17 juillet 1983 qu’un car de la STAHV emmenait le groupe des Mandolines vers l’Est de l’Europe. Voyage long, fatigant, sous la chaleur accablante de l’été, mais dans la bonne humeur et la joie. Les paysages variés de la Suisse, de l’Italie, la découverte des plaines de Yougoslavie, furent l’occasion de pointer quelques leçons de géographie.Après deux journées de voyage, dont une étape de nuit en Yougoslavie, c’est l’arrivée à la frontière de Bulgarie au milieu de la nuit de dimanche. Les hôtes et amis bulgares sont là pour accueillir le car. Leur présence facilite les contrôles et formalités administratives, et c’est vers cinq heures le lundi matin que les voyageurs s’installent dans des appartements soigneusement préparés, où calme et confort seront appréciés pendant ce séjour. Dès le lundi matin, M. Zaug prend connaissance du programme de la semaine : sa variété, son importance ne permettront à aucun instant aux musiciens de s’ennuyer. Tout le monde s’en réjouit et pourtant, à la fin de la semaine, le temps manquera pour tout réaliser…

En avant la musique !

Bien sûr pour les musiciens, le principal objectif, c’est la musique. Une large part est axée sur les concerts, répétitions, mais les hôtes ont tenu à faire honneur à leurs invités et souligner l’événement par de nombreuses réceptions officielles. C’est ainsi que se succédèrent l’accueil personnel du président de la Maison des Syndicats réservé à M. Zaug et sa famille, puis réception à la mairie de Mikhailovgrad offerte par M. le Maire, également à caractère privé. Au cours de cette réception intime dans le bureau du premier magistrat, une conversation amicale très libre s’instaura sur l’administration communale, discussion d’un très vif intérêt. Une grande réception officielle retenait un peu plus tard tout l’orchestre à la Maison de la Culture. Les musiciens dans leur tenue de concert donnaient une belle note d’élégance, en réplique à celle des personnalités très distinguées qui invitaient tout le monde à se rafraîchir, après discours et échanges de cadeaux.Le concert prévu pour la fin de l’après-midi eut lieu à la salle des fêtes de la ville. Salle pleine lorsque l’orchestre entra en scène : dans ce premier contact avec le public, les musiciens sentirent l’amitié qui les entourait et l’ovation qui suivit remplis leur coeur de joie. L’assistance debout, écouta les félicitations du secrétaire de la Maison de la Culture, et applaudit longuement la remise de la médaille culturelle de la ville.Le lendemain, tourisme et musique guidaient les voyageurs vers la station thermale de Varchetz. Comme précédemment, l’accueil fut remarquable. D’abord à l’entrée de la mairie, une haie d’enfants attendaient les musiciens, leur offrant des bouquets de fleurs au passage. L’entrée dans une grande salle fleurie où des tables garnies de boissons, glaces, ainsi qu’une place réservée aux officiels, décorée de petits drapeaux français et bulgares, fit briller d’émotion les yeux des arrivants.Une fois de plus, les hôtes français réalisaient qu’à chaque pas qu’ils faisaient en Bulgarie, il y avait une attention toute particulière pleine de délicatesse à leur égard. M. le Maire de Varchetz salua l’orchestre en termes très sympathiques, il parla des bienfaits des échanges culturels entre les pays, il se plut à dire : “Vous êtes des ambassadeurs de paix et d’amitié, par la jeunesse et la forme de votre groupe. Ce soir votre musique passera comme un message”. M. Zaug répondit dans le même sens : “C’est ainsi que nous entendons notre visite”. Des échanges de cadeaux scellèrent ces instants d’amitié que personne ne pourra oublier. M et Mme Zaug reçurent la médaille de citoyen d’honneur de la ville. En sortant de la mairie, une surprise attend à nouveau les musiciens qui sont invités à monter dans un petit train, pour un tour de ville. Une station est prévue au centre thermal, où le directeur et une partie du personnel font visiter l’établissement, et c’est aussi une nouvelle occasion de lever son verre.En fin d’après-midi, les musiciens se rendent dans une superbe salle de spectacle pour y donner leur deuxième concert. Accumulant la fatigue, supportant une chaleur inhabituelle, ils joueront cependant leur programme avec application et émotion devant une salle comble. Le public enthousiaste assiste de bout, en fin d’audition à la remise de magnifiques corbeilles de roses et de glaïeuls blancs. Un repas très soigné, avec les officiels locaux, met fin à cette belle journée.Auréolant le cadre musical, les Bulgares ouvrirent grand leur livre d’Histoire et consacrèrent plusieurs jours à faire visiter les lieux historiques particulièrement remarquables.

Le panorama de Pleven

Outre la visite du Musée de l’Histoire de Mikhaïlovgrad et la promenade au Mausolée de Balova, une excursion plus importante est prévue à Pleven, cité réputée pour son patriotisme, et située à 140 km vers l’Est. Une matinée est réservée à la visite d’un monument célèbre, “Le Panorama de Pleven”. L’édifice est construit sur une colline dominant la ville. Il apparaît comme un cylindre en béton, reposant sur trois colonnes. L’étonnement se produit dès que l’on pénètre à l’intérieur. D’une plateforme située au centre supérieur, le visiteur découvre un immense tableau circulaire de 115 mètres de long et de 15 mètres de haut où sont peints les combats de l’armée russe repoussant l’invasion turque. Le relief, la perspective, les effets de lumière donnent la saisissante impression de se trouver au centre du champ de bataille.Les visites de musées furent l’objet d’autres promenades. Le musée d’ethnographie à Berkovitza, qui présente entre autres, une belle collection de tapis de “Tchiprovitzi”, de costumes brodés, des poteries et ustensiles datant de plusieurs siècles. La journée passée à Sofia est trop brève, et l’éventail des possibilités trop large pour concilier temps et programme. Cependant, deux regards sont à mentionner : un coup d’oeil rapide sur l’imposante architecture de la cathédrale-monument “Alexandre Nevski”, remarquable par ses coupoles et arcades de style néo-byzantin, et les riches ornements qui personnalisent l’intérieur. Et la priorité est accordée au musée d’Art sacré ancien, installé dans la crypte de la cathédrale. Une collection d’icônes des plus riches d’Europe, offre un panorama des oeuvres exécutées du Moyen Age au XVIIème siècle. Un second regard est pour le Palais de la Culture devant lequel les mandolinistes et quelques musiciens bulgares posent pour une photo. Le parcours rapide de ce vaste complexe impressionne surtout par l’importance des espaces et des salles, dont une plus importante, de géométrie variable, réservée aux concerts, ballets, opéras, congrès. Une harmonieuse décoration sobre et raffinée, donne l’occasion d’admirer de magnifiques réalisations d’art bulgare.

Ce n’est qu’un au revoir

C’est au cours d’une fête organisée par les musiciens de l’orchestre de Mickaïlovgrad et des officiels que s’est déroulé le repas d’adieux suivi d’une soirée dansante au cours de laquelle tous les musiciens de Remiremont reçurent un souvenir. Après les discours très nostalgiques, M. Zaug qui menait une conversation laborieuse avec les organisateurs, fit une déclaration qui relança la joie pour la soirée. Remiremont sera prochainement l’hôte de la ville de Sofia, et réciproquement, lors du prochaine Festival international d’orchestres de mandolines, les Romarimontains accueilleront les Bulgares. Une chorale née pendant le voyage en autocar, formée par les mandolinistes, se regroupa rapidement à la surprise de tous, et exécuta joyeusement un choeur à quatre voix. Ce beau séjour prit fin la nuit du vendredi où peu de monde se reposa. Les organisateurs et Malika, l’aimable et délicate interprète, furent les principaux animateurs de tous les instants. Ils ne quittèrent les Français qu’à la frontière, accompagnant le car pour le retour, à trois heures de route de Mickaïlovgrad. Grâce à eux, dans un programme bien conçu, émaillé de visites, réceptions, concerts, dans la courtoisie, l’amitié, s’est déroulée cette inoubliable semaine en Bulgarie. Le retour s’effectua par la vallée d’Aoste, et le tunnel du Mont-Blanc. Paysages grandioses, émouvants, à la mesure du séjour en Bulgarie, de l’émotion des Romarimontains, de leurs souvenirs, de leurs espoirs pour l’avenir.